Récit du professeur Marks :
Un homme de 42 ans lors du décès de sa mère, était entré dans un phase dépressive associée à une peur de la contamination. Il avait alors développé de nombreux rituels. Chaque jour,
il nettoyait son appartement durant environ 10 heures, lavait le mur trois fois et ses mains plus de 30 fois, changeant de vêtements au moins trois fois par jour. Plusieurs traitements médicamenteux bien conduits (fluoxétine, clomipramine, thioridazine, diazépam), à doses efficaces, n'avaient pas apporté de résultats
satisfaisants.
Fils unique, son histoire psychiatrique avait débuté à l'âge de 16 ans par une overdose. Entre 7 ans et 10 ans, il disait avoir été attiré par les hommes. A 11 ans, il eut une première relation
homosexuelle. A 15 ans, il désirait devenir une femme. Il consulta plusieurs centres médicaux pour changer de sexe lorsqu'une hépatite médicamenteuse l'obligea à interrompre ses prises
d'estrogènes.
A 15 ans, il désire changer de sexe
A son entrée, sa demande était uniquement centrée sur le traitement de son TOC et non sur son transsexualisme.
Après deux mois d'auto-exposition avec prévention de la réponse, les scores sur les échelles de dépression et de TOC s'étaient effondrés. En conformité avec le jugement de son père, il se
trouvait amélioré à 90%.
Hétérosexuel après guérison du TOC
Plus étrangement, il déclarait se sentir désormais un homme et pratiquait la masturbation trois fois par semaine en prenant comme supports des images pornographiques hétérosexuelles.
Dix-sept mois plus tard, il estimait son amélioration à 98%, sans trouble anxieux ni dépressif. Il avait trouvé un travail de clerc de notaire, fréquentait régulièrement des amis masculins et
féminins et avait eu sa première relation hétérosexuelle. Ses fantasmes restaient uniquement de nature hétérosexuelle et son désir était de trouver une épouse pour fonder un foyer et avoir des
enfants.
Lors d'une rechute, il s'habille en femme !
Il disparut du centre de consultation durant 6 ans. A son retour, il était vêtu en femme. Ses tendances homosexuelles étaient réapparues simultanément à une rechute dépressive deux ans
auparavant.
Après un traitement par paroxétine et un soutien psychothérapique, son humeur était redevenue normale, il travaillait régulièrement, sans rituels. Il s'était inscrit sur la liste d'un hôpital
afin de changer de sexe et déniait toute aventure hétérosexuelle dans son passé. Sa vie sexuelle était inexistante depuis deux ans.
Marks I, Mataix-Col D. : «Four years of remission of transsexualism after comorbid obsessive-compulsive disorder improved with self exposure therapy». Brit. J. of Psychiatry, 1997 ; 171 :
389-390.
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