Médecine

Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /2008 15:02

Paru le vendredi 13 juin 2008

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Par Patrick de Funes - Publié dans : Médecine
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Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /2008 09:41


MESSIEURS DES FONANDRÈS, TOMÈS, MACROTON ET BAHYS.

Ils s'asseyent et toussent.


M. DES FONANDRÈS.- Paris est étrangement grand, et il faut faire de longs trajets, quand la pratique donne un peu.

M. TOMÈS.- Il faut avouer que j'ai une mule admirable pour cela, et qu'on a peine à croire le chemin que je lui fais faire tous les jours.

M. DES FONANDRÈS.- J'ai un cheval merveilleux, et c'est un animal infatigable.

M. TOMÈS.- Savez-vous le chemin que ma mule a fait aujourd'hui? J'ai été premièrement tout contre l'Arsenal, de l'Arsenal au bout du faubourg Saint-Germain, du faubourg Saint-Germain au fond du Marais, du fond du Marais à la porte Saint-Honoré, de la porte Saint-Honoré au faubourg Saint-Jacques, du faubourg Saint-Jacques à la porte de Richelieu, de la porte de Richelieu ici, et d'ici, je dois aller encore à la place Royale.

M. DES FONANDRÈS.- Mon cheval a fait tout cela aujourd'hui, et de plus j'ai été à Ruel voir un malade.

M. TOMÈS.- Mais à propos, quel parti prenez-vous dans la querelle des deux médecins, Théophraste, et Artémius; car c'est une affaire qui partage tout notre corps?

M. DES FONANDRÈS.- Moi, je suis pour Artémius.

M. TOMÈS.- Et moi aussi, ce n'est pas que son avis, comme on a vu, n'ait tué le malade, et que celui de Théophraste ne fût beaucoup meilleur assurément: mais enfin, il a tort dans les circonstances, et il ne devait pas être d'un autre avis que son ancien. Qu'en dites-vous?

M. DES FONANDRÈS.- Sans doute. Il faut toujours garder les formalités, quoi qu'il puisse arriver.

M. TOMÈS.- Pour moi j'y suis sévère en diable, à moins que ce soit entre amis, et l'on nous assembla un jour trois de nous autres avec un médecin de dehors, pour une consultation, où j'arrêtai toute l'affaire, et ne voulus point endurer qu'on opinât, si les choses n'allaient dans l'ordre. Les gens de la maison faisaient ce qu'ils pouvaient, et la maladie pressait: mais je n'en voulus point démordre, et la malade mourut bravement pendant cette contestation.

M. DES FONANDRÈS.- C'est fort bien fait d'apprendre aux gens à vivre, et de leur montrer leur bec jaune.

M. TOMÈS.- Un homme mort, n'est qu'un homme mort, et ne fait point de conséquence.


Molière, L'Amour médecin, 1665

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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /2008 17:54
Vendredi 30 mai 2008, France 5 Michel Cymes et Marina Carrère d'Encausse

Chronique littéraire de Gérard Collard

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Par Patrick de Funes - Publié dans : Médecine
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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /2008 10:59


« Le professeur Bouchard, derrière ses lunettes d’or à l’allemande, poursuivait ses chimères médico-métaphysiques. Il venait de publier un bizarre roman : Les Maladies par ralentissement de la nutrition*. […] Il est profondément comique de songer que tant de désastres thérapeutiques, de défaites classées, de bévues célèbres ne l'ont nullement empêché de conquérir la plus haute situation scientifique qui se soit vue depuis Charcot. […]

Assis sur son séant, il trône, et il a, comble d’ironie ! des élèves qui ont appris et médité, qui propagent, qui imposent les extravagantes fables de leur patron. Ces choses-là ne se voient qu’a la Faculté de Paris. […] Le plus beau, c'est que des régimes compliqués et cruels ont été institués pour parer à cette pathologie lunatique.
 »


Léon Daudet, Souvenirs littéraires

*Cours de pathologie générale professé à la Faculté de médecine de Paris pendant l’année 1879-80.

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Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /2008 16:59


« Il n’est presque rien de plus grossier, de plus bref que la chirurgie, quand elle se sépare de la médecine, quand celui qui tient le couteau ne sait point que ce couteau est un pis-aller ; une défaite de l’ingéniosité thérapeutique. Les femmes sottes admirent cette charcuterie enragée, où elles voient un spectacle de force. On ne compte plus les bonnes fortunes de chirurgiens à la mode. Ils prennent rang aussitôt après les cabotins du genre comique, un peu avant les cabotins du genre grave. »

Léon Daudet, Souvenirs littéraires (1914-1921)
Caricatures par Honoré Daumier, peintre, sculpteur et lithographe [1808-1879]


Du sur-mesure pour nos actrices penseuses ridicules.

Par Patrick de Funes - Publié dans : Médecine
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Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /2008 21:26


«
Les morticoles se plaisent à employer les termes les plus extraordinaires, tirés du grec et du latin, quelquefois de l’hébreu, qui servent à masquer leur ignorance. C’est ainsi qu’un malade demandait un jour à Boridan : "Qu’est-ce que j’ai ?"
Et il sortait une langue énorme et rouge. "Comment dit-on langue en grec ?" interrogea le flegmatique docteur.
- Glôssa, répliqua l’autre.
- Donc, mon ami, vous avez une glossite. »


Léon Daudet, Les Morticoles (1894)

Par Patrick de Funes - Publié dans : Médecine
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