Mardi 10 juin 2008
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« Les morticoles se plaisent à employer les termes les plus extraordinaires, tirés du grec et du latin, quelquefois de l’hébreu,
qui servent à masquer leur ignorance. C’est ainsi qu’un malade demandait un jour à Boridan : "Qu’est-ce que j’ai ?"
Et il sortait une langue énorme et rouge. "Comment dit-on langue en grec ?" interrogea le flegmatique docteur.
- Glôssa, répliqua l’autre.
- Donc, mon ami, vous avez une glossite. »
Léon Daudet, Les Morticoles (1894)
Par Patrick de Funes
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Lundi 9 juin 2008
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Par Patrick de Funes
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Vendredi 30 mai 2008
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La Faculté de médecine de Paris vue par Barrère (1904)
De gauche à droite : les professeurs Chantemesse, Pouchet, Poirier, Dieulafoy, Debove, Brouardel, Pozzi, Tillaux, Hayem, Cornil, Berger, Guyon, Launois, Pinard et Budin.
« Bientôt, la vogue des chirurgiens et de leurs mirifiques opérations, fréquemment inutiles, vint compléter cette tyrannie des bourreaux de la chair malade.
Trop gâtés, trop adulés, les uns et les autres, ceux du bistouri et ceux de la drogue, abusèrent de la situation. Financièrement en exploitant leurs clients ou leurs dupes ;
intellectuellement, en étendant jusqu’à la philosophie leur fatuité professionnelle. »
Léon Daudet, Souvenirs littéraires
Par Patrick de Funes
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Lundi 26 mai 2008
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Extrait de L'aile ou la cuisse (Claude Zidi, 1976)
[...] L'idée d'adapter Les Morticoles de Léon Daudet a dû germer chez mon père à sa sortie de l’hôpital Necker, après son infarctus de
1975. Séquestré pendant deux mois, il avait eu tout le loisir d’observer les blouses blanches dans leur milieu naturel. Il bénéficiait d’une remise en liberté conditionnelle. Il était sur le
point de quitter le pavé de la cour, quand retentit la voix stridente d’une infirmière... [...]
Médecin malgré moi (chap. Les morticoles)
Par Patrick de Funes
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Dimanche 25 mai 2008
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[...] Que de noms d’illustres tortionnaires résonnent encore de nos jours, grâce aux outils qu’ils ont inventés… Près d’un siècle après sa
disparition, la pince du « prétentieux et roucoulant Pozzi dont l’ignorance en tout est fabuleuse », comme le décrit Léon Daudet, est toujours aussi indispensable au gynécologue que le
fouet au pâtissier. Immortalisé par le peintre John Singer Sargent en robe de chambre rouge, le professeur Pozzi avait certes de l’allure. Un charme dont il ne se privait pas d’user sur ses
patientes.
Dotée de deux longs
bras crochus, sa pince s’enfonce aussi sûrement dans le col de l’utérus que les mâchoires d’un molosse dans une cuisse. Ainsi ferrées, les chairs, malgré les contorsions de leur propriétaire,
n’ont plus qu’à émerger des profondeurs vaginales, sous la traction de la gynécologue médicale. [...]
Médecin malgré moi (chap. Les gynécologues médicaux)
--> Suite de l'extrait en cliquant ci-dessous :
POZZI.pdf
Par Patrick de Funes
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Vendredi 23 mai 2008
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14:59
« Raide d’ambition, jaune de rancœur,
vert d’espérance ou rouge de colères rentrées, le professeur Brouardel était de science faible, mais de grande habileté et même de sournoise ruse […] Grand barbu silencieux et solennel, le
professeur Bouchard, derrière ses lunettes d’or à l’allemande, poursuivait ses chimères médico-métaphysiques […] »
Léon Daudet, Souvenirs
littéraires
[illustrations : Brouardel glorifié par Félix Potin et Bouchard sublimé par Léon
Bonnat]
On pourrait remplacer Brouardel et Bouchard par quelques grands noms de la cancérologie ou de
l’urologie médiatique actuelle.
Par Patrick de Funes
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