Samedi 23 août 2008 6 23 /08 /Août /2008 11:41

- vous avez vu le docteur Carlin ?
- très bon médecin généraliste.
- ça c'était avant ! Maintenant il s'est spécialisé.il ne fait plus que le doigt.c'est un docteur en doigt,si vous voulez...
- première nouvelle !
- et quand je dis le doigt,attention , il ne fait que l'auriculaire !
- Et vous avez l'auriculaire déficient ?
- Oui... mais il connaît  son affaire , Carlin !
-  Remarquez , c'est mieux, quand ils connaissent...
-C'est sur ... Quand je suis arrivé il m'a demandé d'ôter mon gant...Ce que j'ai fait... on perd toute pudeur devant ces gens-là !   
-Pensez ! ils ont l'habitude !  ils voient tellement de doigts nus ! Ils ne font plus attention !
-ça a duré quatre heures quand même !
-C'est bien ! En quatre heures on a le temps de faire le tour d'un doigt
-Il a bien examiné mon auriculaire ... et puis il m'a fait une lettre pour un de ses confrères spécialiste  ...
-Encore un ?
- Oui... de la deuxième phalange ... Parce que Carlin il ne fait que la première 
- Vous êtes allé consulter un spécialiste de la deuxième phalange... Parce que Carlin il ne fait que la première !
- oui .. à Varsovie
- A Varsovie ?
- Il est Polonais sauf que Varsovie ce n'est pas la porte à côté
-Mais la sécurité sociale ne vous a rien remboursé ?
-Si ; Vingt-sept kilomètres en troisième classe ! 

         Jean Poiret et Michel Serrault


Un grand merci à une de mes fans de 82 ans, Charlotte Laflaqière qui a eu la gentillesse de m'adresser ce texte tapé de sa main.

Par Patrick de Funes - Publié dans : Citations
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Mercredi 6 août 2008 3 06 /08 /Août /2008 15:12

La chirurgie obstétricale résulte de mises en scène collectives dont les origines remontent à l’Inquisition. Elle est une conséquence des rapports établis depuis des siècles par les hommes au détriment des femmes et des enfants. Cette problématique relationnelle compromet jusqu’à notre capacité à accueillir les générations futures.

Au cours des trente dernières années, pour des mobiles spécifiques à chaque culture et tradition, la proportion d’enfants mis au monde par l’opération de chirurgie obstétricale dite césarienne a considérablement augmenté. [...] Il est reconnu que seul un nombre infime de ces interventions répond à une impossibilité absolue d’accoucher.

Refusant de se remettre en cause, le corps médical banalise l’opération et tend à démentir toute conséquence psychologique pour l’enfant, voire à présenter la césarienne comme une alternative préférable à l’accouchement même en l’absence d’indication thérapeutique. Il renforce ainsi l’interdit collectif de réaliser quelles motivations ont poussé la gent masculine à prendre possession du ventre des femmes, au point de rendre l’enfantement naturel de plus en plus difficile.

                                                                   par Marc-André Cotton,

                                                                   Suite et intégralité de l'article :
                                                                   -->
http://www.regardconscient.net/archi06/0610cesarienne.html

Par Patrick de Funes - Publié dans : Histoires de femmes
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Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /Août /2008 09:27

« Le serpent qui tenta Eve, qui renversa Adam par elle, et qui perdit le genre humain, est l’original dont le duc de Noailles est la copie la plus exacte, la plus fidèle, la plus parfaite, autant qu’un homme peut approcher des qualités d’un esprit de ce premier ordre, et du chef de tous les anges précipités du ciel.

La plus vaste et la plus insatiable ambition ; l’orgueil le plus suprême ; l’opinion de soi la plus confiante, et le mépris de tout ce qui n’est pas soi, le plus complet, la soif des richesses ; la parade de tout savoir ; la passion d’entrer dans tout, surtout de tout gouverner ; l’envie la plus générale, en même temps la plus attachée aux objets particuliers, et la plus brûlante, la plus poignante ; la rapine hardie jusqu’à effrayer, de faire sien tout le bon, l’utile, l’illustrant d’autrui ; la jalousie générale, particulière et s’étendant à tout ; la passion de dominer tout    la plus ardente.

Une vie ténébreuse, enfermée, ennemie de la lumière, toute occupée de projets, et de recherches de moyens d’arriver à ses fins, tous bons, tous exécrables, pour horribles qu’ils puissent être, pourvu qu’ils le fassent arriver à ce qu’il se propose ; une profondeur sans fond :
C’est le dedans de M. de Noailles. »

  
 Saint-simon, Mémoires (1714 -1716) - volume 5, éditions de la Pléiade

Par Patrick de Funes - Publié dans : Lecture
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Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /Août /2008 08:37

Arrestation de Mr de Beaufort par le cardinal de Mazarin


« Ce coup de rigueur, fait dans un temps où l’autorité était si douce qu’elle était comme imperceptible, fit un très grand effet. Il n’y avait rien de si facile que ce coup par toutes les circonstances que vous  avez vues, mais il paraissait grand ; et tout ce qui est de cette nature est heureux, parce qu’il a de la dignité et n’a rien d’odieux.

Ce qui attire assez souvent je ne sais quoi d’odieux sur les actions des ministres, même les plus nécessaires, est que pour le faire ils sont presque toujours obligés de surmonter des obstacles dont la victoire ne manque jamais de porter avec elle de l’envie et de la haine.

Quand il se présente une occasion considérable dans laquelle il n’y a rien à vaincre, parce qu'il n’y a rien à combattre ce qui est très rare, elle donne à leur autorité un éclat pur, innocent, non mélangé, qui ne l’établit pas seulement, mais leur fait même tirer, dans les suites, du mérite de tout ce qu’ils n’ont pas, presque également que de tout ce qu’ils font.

Quand l’on vit que le cardinal avait arrêté celui qui cinq ou six semaines devant, avait ramené le Roi à Paris avec un faste inconcevable, l’imagination de tous les hommes fut saisie d’un étonnement respectueux ; je me souviens que Chapelain qui enfin avait de l’esprit ne pouvait se lasser d’admirer ce grand événement.

L’on se croyait bien obligé au ministre de ce que, toutes les semaines, il ne faisait pas mettre quelqu’un en prison, et l’on attribuait à la douceur de son naturel les occasions qu’il n’avait pas de mal faire. »


Cardinal de Retz

Par Patrick de Funes - Publié dans : Lecture
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Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /Août /2008 08:26

« Une opération terrible est faite dans un hôpital par un chirurgien à la main admirable, Maisonneuve, mais une opération tout à fait de luxe et pour la grande gloire de l’opérateur. L’opération faite, l’interne de service salue, comme un militaire, de la main son chef et, jetant un coup d’œil sur ce qui reste et sur ce qui a été retranché au patient, dit :
"Quel est le morceau qu’il faut reporter au lit ?" »

Edmond et jules de Goncourt (Journal 1882)

Par Patrick de Funes - Publié dans : Lecture
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /Juil /2008 21:25

« Pour un changement de paradigme en gynécologie »


Le paradigme en cours en gynécologie est celui d’une femme parfaitement réglée de la puberté à la ménopause. En fait un paradigme beaucoup vraisemblable et « fécond » est celui de la femme sans règles.

Le premier paradigme est une aubaine pour les gynécos, l’industrie pharmaceutique et les cancérologues. Les règles sont soit trop fréquentes, soit pas assez, soit trop fortes soit insuffisantes soit douloureuses… etc. Malheureusement pour avoir des règles il faut des hormones : résultat une exposition aux œstrogènes considérable du fait des cycles répétées naturel ou artificiels (oestro progestatifs) et 40 000 cancers du sein. Mais il est vrai que la femme doit souffrir, et que les règles ont des vertus purificatrices. Encore un exemple de la contamination de la pensés scientifique par la pensée judéo-chrétienne.

Or c’est oublier que jusqu’au début du 19° siècle, les femmes n’étaient pour ainsi dire jamais réglées. Jadis et pendant plus de 3.5 millions d’années les grossesses succédaient aux allaitements avec de temps à autre une période de règles. Il en est de même aujourd’hui dans certains pays très pauvres et chez les Inuits qui n’ont qu’une dizaine de cycles au cours de leur vie. 

La femme n’est pas faite pour avoir des règles mais pour être enceinte à la suite d’un cycle. En d’autres termes, les cycles n'ont pas d’autre intérêt que celui de procréer.

Ce contresens sur la signification des règles a bloqué depuis des décennies toutes avancées dans la prévention des maladies de la femme. Les femmes continuent d’être inondées par leurs hormones, de supporter plus ou moins bien les cycles et les règles qui n’ont aucune utilité en dehors d’un projet de grossesse. Pourquoi conserver de façon permanente une fonction qui ne sera utile qu’environ deux fois dans une vie et dont on sait qu’elle est source de la majorité des maux féminins ?

Comment ce fait-il que les femmes soient tant attachées à leurs règles ? Les femmes non réglées seraient-elles des femmes sans ombre telle le personnage de Richard Strauss ? Mais alors les jeunes filles, les femmes enceintes ou allaitantes, les femmes ménopausées ne seraient-elles pas des femmes ? Toutes ces femmes ont en commun d’avoir des ovaires mais à des stades différents de fonctionnement : pour les premières en devenir, pour les secondes en sommeil, pour les troisièmes passé. Les règles ne sont pas un témoin de féminité mais de fécondité. Et les femmes ont toujours besoin d'être rassurées de ce point de vue. Pour les inquiètes, une visite chez le gynécologue avec une échographie des ovaires est suffisante et bien moins dangereux que d'attendre des saignements tous les mois.

À l’origine de cet attachement, il y a l’ignorance à la fois de l’intimité du mécanisme des règles et des conséquences parfois graves liées à la répétition du processus. Les règles ne sont qu’une façon originale de renouveler un tissu, particulièrement adaptée pour accueillir une grossesse, mais désastreuse s’il s’agit de renouveler simplement un tissu sachant que tous les autres tissus de l’organisme se renouvellent de façon continue, (les cellules mortes sont immédiatement remplacées par de nouvelles cellules).

Car ce mode de renouvellement discontinu en une fois implique une croissance rapide et surtout durable des tissus qui va laisser à la longue des traces dans la mémoire des cellules. Il est clairement établi aujourd’hui que plus un tissu est stimulé plus il a de risque de se cancériser. Or le nombre de cycles dans une vie est passé de trente à plus de 450 en l’espace de deux siècles. Un tel changement «climatique » ne peut pas ne pas être sans conséquence. Ces traces sont particulièrement bien visibles dans le tissu mammaire de certaines femmes sous forme de kystes qui grossissent et se multiplient au fil des cycles naturels ou artificiels. Le tissu mammaire est un excellent reflet de l'imprégnation hormonale car contrairement à l'endomètre qui est totalement renouvelé, le tissu mammaire garde le souvenir du cycle précédent. Une maladie appelée endométriose en est une conséquence directe car liée au reflux du sang des règles dans les trompes. Mois après mois, des cellules souches de l’utérus et des seins vont être sollicitées pour rebâtir ici un nouvel endomètre, là de nouveaux lobules mammaires, multipliant les risques de mutations cellulaires à l’origine du cancer. Moins un tissu est stimulé (soleil pour la peau, tabac pour les poumons, hormones mâles pour la prostate) moins il risque de se cancériser. Et tout ceci sans compter l’inconfort avant et pendant les règles, les conséquences sur l’environnement.

La logique voudrait que les cycles soient bloqués en absence de désir de grossesse ; ce que faisait exactement la nature jadis grâce à l’allaitement avec en plus un effet contraceptif. Ce que la nature peut faire aussi simplement, la science peut le faire aussi. L'allaitement bloque les cycles par le biais de substances appelées endorphines sécrétées à chaque tétée, d'où le risque de grossesse en cas de diminution du nombre de tétées. Médicalement de petites doses de progestérone suffisent à avoir le même effet : blocage des cycles et des règles. D'ailleurs la première pilule celle du docteur Pincus ne contenait que de la progestérone. Mais les scientifiques ont préféré écouter les sirènes du marketing que les leçons de la nature quand ils ont mis au point la pilule. Il leur a été dit en effet qu’une majorité de femmes ne prendrait pas la pilule si elle stoppait les règles. Qu'à cela ne tienne il a suffi de rajouter des oestrogènes à la pilule avec 7 jours d’arrêt pour faire venir un saignement artificiel. Les femmes ont été satisfaites : des pseudo règles sont venues les rassurer mais à quel prix ?  Car ce que l'on soupçonnait depuis des années à savoir le caractère cancérogène des oestrogènes naturels ou artificiels est maintenant confirmé. De même que ce sont les androgènes qui créent le cancer de la prostate, ce sont les oestrogènes qui créent le cancer du sein. D'ailleurs les hommes qui ont des seins mais pas d'oestrogènes ne font pour ainsi dire pas de cancer du sein.

Quel dommage que les médecins aient raté cette occasion de prévenir la plus grande partie des maladies de la femme grâce à une pilule sans oestrogènes qui bloque les cycles ovariens sans remplacer un cycle naturel par un cycle artificiel. Pour le moment il n’existe qu’une seule pilule réellement contraceptive à la progestérone (désogestrel) qui n’induise pas un cycle artificiel et encore est-elle récente. Comment se fait-il que la majorité des pilules soient combinées oestroprogestatives. Les règles sont-elles sacro-saintes ? Pourquoi s'aveugler sur leur caractère nocif ? S'agit-il de notre héritage judéo-chrétien qui a sacralisé le dolorisme (surtout chez la femme...) ?

La rédaction de ces lignes, fruit de plus de trente années d’exercice de la gynécologie est un cri de révolte. Révolte contre cette obligation faite aux femmes d’avoir des règles inutilement. D’autant qu’elles vont gâcher la vie d’une grande partie d’entre elles, être à l’origine de stérilité (endométriose) de certaines ou prendre la vie de nombre d’ente elles (cancer du sein). Car l’imprégnation hormonale de la femme a considérablement augmenté depuis peu au regard de l’histoire de l’humanité. Elle atteint des niveaux spectaculaires sans précédent du fait de la précocité des règles, du faible nombre d’enfants, de la quasi disparition de l’allaitement et pour finir des traitement hormonaux de ménopause. Comment ne pas s’alarmer devant une telle augmentation des niveaux hormonaux ?

Il faut donc en finir avec les règles pour les règles et revenir à une attitude plus proche de la nature (dénaturée depuis deux siècles) dans laquelle la pilule progestative joue le même rôle protecteur que l’allaitement vis-à-vis des oestrogènes. Ce changement de paradigme a été le fait de deux faits relativement récents : l’apparition d’une pilule sans règles ne contenant pas d’œstrogènes et la confirmation de l’origine hormonale du cancer du sein.

Jusqu'au début des années 2000, l’absence de pilule progestative pure efficace tant du point de vue contraceptif que de la mise en sommeil des ovaires et sans danger n’avait pas permis d’envisager une telle révolution. Nous n’avions jusqu’alors à notre disposition que des pilules microprogestatives et des molécules de type macroprogestatives. Les premières avaient l’inconvénient de leur micro dosage à savoir un manque d’efficacité et surtout une absence de blocage ovarien, leur retirant tout intérêt dans une stratégie de prévention hormonale. Les secondes avaient l’inconvénient de leur macro dosage à savoir une prise de poids. Ces macro progestatifs ont été largement prescrit et le sont encore après la quarantaine car la pilule aux œstrogènes est déconseillée à cet âge. Ils ont été beaucoup prescrits avec ou sans oestrogènes naturels afin de régulariser les cycles rarement dans le but de les bloquer. Il n’est pas étonnant qu’on ait accusé ces produits de favoriser le cancer du sein.


Dr Philippe Vignal

--> www.vignal.org


Par Patrick de Funes - Publié dans : Histoires de femmes
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