Lundi 6 avril 2009
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Article en contradiction complète avec les déclarations de certains professeurs d'exception.
Et si pour le sein c'était la même chose?
Remise en cause de l’intérêt du dépistage du cancer de la prostate
Après 7 à 10 ans de suivi, le taux de mortalité liée au cancer de la prostate ne diffère pas chez les sujets dépistés par rapport au groupe contrôle. The New England Journal of Medicine publie
les premiers résultats d’un essai randomisé et contrôlé dont l’objectif était d’évaluer l’intérêt, en termes de mortalité, du dosage du PSA et du toucher rectal annuel.
Cet essai fait partie du Prostate, Lung, Colorectal and Ovarian (PLCO) Cancer Screening Trial. Entre 1993 et 2001, 76.693 hommes âgés entre 55 et 74 ans ont été recrutés dans 10 centres de
recherche aux USA. La moitié a bénéficié d’un programme de dépistage annuel (n=38.343) et l’autre recevait des soins habituels. Le programme de dépistage correspondait à un dosage annuel du PSA
pendant 6 ans (considéré pathologique si > 4mg) associé à un toucher rectal annuel pendant 4 ans. À l’inclusion, les 2 groupes ne différaient pas au niveau des caractéristiques démographiques
et médicales.
La compliance était de 85% pour le dosage du PSA et de 86% pour le toucher rectal. Dans le groupe contrôle, 40% ont eu un dosage biologique la première année et 52% la sixième année. Le durée
médiane de suivi était de 11,5 ans (interquartile= [7,2 ; 14,8]). A 7 ans (98% de suivi), le dépistage était associé à une augmentation de 22% des diagnostics de cancer (IC95%= [16,29]). En
revanche, sur la même période la mortalité liée au cancer de la prostate ne différait pas entre les 2 groupes (RR=1,13 IC95%= [0,75 ; 1,70]). De même à 10 ans (67% de suivi), les auteurs n’ont
pas retrouvé de différence significative. Parmi les hommes avec un cancer de la prostate diagnostiqué, 312 dans le groupe intervention et 225 dans le groupe contrôle sont morts d’une autre cause
suggérant que l’excès dans le groupe intervention correspond à un sur-diagnostic de cancers.
Ces résultats sont en faveur d’un faible intérêt du dépistage du cancer de la prostate. Néanmoins ils dépendent de nombreux facteurs : seuil choisi pour le PSA, taux d’hommes dépistés au sein du
groupe contrôle, taux de personnes antérieurement dépistées avant l’inclusion et amélioration des traitements anticancéreux. Ils doivent ainsi être confirmés notamment à l’aide d’un suivi à plus
long terme.
Dr Sophie Florence (Paris)
Références :
Andriole GL et al.
Mortality results from a randomized prostate-cancer screening trial.
N Engl J Med. 2009 Mar 26;360(13):1310-9.
[Retrouvez l’abstract en ligne]
Date de publication : 06-04-2009
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