Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /Sep /2009 09:51
 Texte admirable, de circonstance en ces temps de politique-spectacle. 




   




                                                  



 Arrestation du duc de Beaufort par le Cardinal de Mazarin



Ce coup de rigueur, fait dans un temps où l’autorité était si douce qu’elle était comme imperceptible, fit un très grand effet . il n’y avait rien de si facile que ce coup par toutes les circonstances que vous  avez vues, mais il paraissait grand ;et tout ce qui est de cette nature est heureux, parce qu’il a de la dignité et n’a rien d’odieux.

Ce qui attire assez souvent je ne sais quoi d’odieux sur les actions des ministres, même les plus nécessaires, est que pour le faire ils sont presque toujours  obligés de surmonter des obstacles dont la victoire ne manque jamais de porter avec elle de l’envie et de la haine.Quand il se présente une occasion considérable dans laquelle, il n’y a rien à vaincre , parce qu’il n’y a rien à combattre ce qui est très rare, elle donne à leur autorité un éclat pur, innocent, non mélangé, qui ne l’établit pas seulement, mais leur  fait même tirer, dans les suites, du mérite de tout ce qu’ils n’ont pas, presque également que de tout ce qu’ils font

 

Quand l’on vit que le cardinal avait arrêté  celui qui cinq ou six semaines devant , avait ramené le Roi à Paris avec un faste inconcevable, l’imagination de tous les hommes fut saisie d’un étonnement respectueux ; je me souviens que Chapelain qui enfin avait de l’esprit ne pouvait se lasser d’admirer ce grand événement.

L’on se croyait se croyait bien obligé au ministre de ce que, toutes les semaines, il ne faisait pas mettre quelqu’un en prison, et l’on attribuait à la douceur de son naturel les occasions qu’il n’avait pas de mal faire.

 

 Cardinal de Retz

 
Par Patrick de Funes - Publié dans : Citations
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