Jeudi 5 novembre 2009
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Que d’écoliers, d’étudiants, remorqués par
leurs professeurs, sont rentrés dégoûtés à jamais du grand théâtre… Des êtres épuisés, semi comateux, sortent de la Comédie-Française chaque soir. Et l’on s’étonne de voir des salles à moitié
vides.
Jean-Laurent Cochet, lui, nous fait « adorer » Molière et son sens du comique. Mon père avait la même vision.
Pourquoi diable confier ce génie à de vieux débris
sinistres tout justes bons à endormir une salle ?
Dans L’Avare, mon père se travestissait en paon ; dans Les Femmes savantes, Jean-Laurent Cochet en matrone. Seul un immense acteur peut se permettre l’outrance sans virer à la farce. De cette masse de taffetas et de
dentelles, émane une superbe autorité.
On comprend pourquoi, dans nos médias, des nullités
crasses en imposent par leur seul aspect. Une différence toutefois : le personnage composé par Jean-Laurent Cochet n’est pas aussi antipathique que nos raseurs habituels. Louis de Funès ne
cessait de le rabâcher : même s’il incarne un tueur, un acteur doit inspirer de la sympathie, celle qu’il a dans la vie.
Ainsi jouée, la pièce est d’une frappante
actualité. Ce ne sont pas que des femmes qui défilent sur notre rétine : acteurs-citoyens, raisonneurs, raisonneuses, philosophes tout juste bons à provoquer des poussées hormonales aux
bourgeoises ménopausées.
Quant à la troupe : des acteurs merveilleux, d’un naturel dont on avait perdu l’habitude. Et une chance inouïe : après leur triomphe au Théâtre 14, nos Kouchner, Ferry, Kosciusko-Morizet,
Frédéric M. et consort reviennent sur la scène du Petit Théâtre de Paris. Au diable l’avarice, j’ai pris six places.
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