patrickdefunes
SGANARELLE, à part.- Ouais, serait-ce bien moi qui me tromperais, et serais-je devenu médecin, sans m'en être aperçu ?
VALÈRE.- Monsieur, vous ne vous repentirez pas de nous montrer ce que vous êtes : et vous verrez assurément, que vous en serez satisfait.
SGANARELLE.- Mais, Messieurs, dites-moi, ne vous trompez-vous point vous-mêmes ? Est-il bien assuré que je sois médecin ?
LUCAS.- Oui, par ma figué.
SGANARELLE.- Tout de bon ?
VALÈRE.- Sans doute.
SGANARELLE.- Diable
emporte, si je le savais !
Molière, Le Médecin malgré lui, Acte 1, scène 1 (1667)
Mar 6 mai 2008
2 commentaires
C'est vous Patrick sur cette photo?! il y a comme qui dirais un air de famille, en tous les cas la photo est superbe, merci.
Corinne et J-Hub - le 24/05/2008 à 20h53
GORGIBUS.- Oui-da; Sabine, vite allez quérir de l'urine de ma fille. Monsieur le médecin, j'ai grand'peur qu'elle ne meure.
SGANARELLE.- Ah! qu'elle s'en garde bien! Il ne faut pas qu'elle s'amuse à se laisser mourir sans l'ordonnance du médecin. Voilà de l'urine qui marque grande chaleur, grande inflammation dans les intestins: elle n'est pas tant mauvaise pourtant.
GORGIBUS.- Hé quoi ? Monsieur, vous l'avalez ?
SGANARELLE.- Ne vous étonnez pas de cela; les médecins, d'ordinaire, se contentent de la regarder; mais moi, qui suis un médecin hors du commun, je l'avale, parce qu'avec le goût je discerne bien mieux la cause et les suites de la maladie. Mais, à vous dire la vérité, il y en avait trop peu pour asseoir un bon jugement: qu'on la fasse encore pisser.
SABINE . J'ai bien eu de la peine à la faire pisser.
SGANARELLE.- Que cela ? voilà bien de quoi ! Faites-la pisser copieusement, copieusement. Si tous les malades pissent de la sorte, je veux être médecin toute ma vie.
"Le médecin volant" , Acte IV, Edition 1819
Marinette - le 27/05/2008 à 23h10